Marvin avait 17 ans. Dimanche matin, il a perdu la vie dans le quartier de Prélaz à Lausanne, après une chute en scooter. Derrière les faits rapportés par la presse, il y a l’histoire d’un adolescent apprécié pour sa gentillesse et sa passion pour la musique, qui avait pour projet de devenir éducateur. Sa disparition bouleverse sa famille, ses amis et toute une ville. Elle réactive une fois de plus un questionnement, dans un contexte particulier marqué par l’histoire récente des relations entre les Afro-descendants et la police.
C’est une tragédie humaine. Au-delà des circonstances, Marvin, 17 ans, jeune Suisse d’origine congolaise, a perdu la vie. De nombreux Lausannois pleurent l’un des leurs. Il laisse sa famille inconsolable, une communauté en deuil, une jeunesse sous le choc, la capitale vaudoise interpellée.
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La présentation des faits telle qu’elle apparaît généralement dans la presse
À Lausanne, Marvin, 17 ans, a perdu la vie dimanche matin après avoir chuté avec son scooter dans le quartier de Prélaz. Selon le Ministère public vaudois, aucun contact n’a eu lieu entre le deux-roues et la voiture de police qui le suivait. Le jeune portait un casque, conduisait sans permis adapté et le scooter avait été volé la veille. L’enquête se poursuit avec l’examen de la boîte noire du véhicule de police, l’analyse des communications radio et l’autopsie de la victime.
Tels sont les faits. Mais derrière ces lignes froides, il y a une réalité humaine, une douleur immense et l’histoire d’un jeune homme enlevé à la vie bien trop tôt.
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Une famille digne et soudée
Contrairement à l’image que l’on a voulu lui donner, Marvin n’était pas un enfant livré à lui-même, et encore moins un délinquant endurci. Sa famille a tenu à le préciser : Marvin était éduqué, entouré et suivi. Ce soir-là, sa mère s’inquiétait de ne pas le voir rentrer. Des messages avaient encore été échangés avec lui peu avant sa mort.
La famille vit à Lausanne depuis trente ans. Bien intégrée, elle fait partie de la vie sociale de la ville.
Maman Héléna, figure appréciée pour sa sincérité et son dynamisme, n’est pas seule dans l’épreuve. Une large communauté d’amis et de proches s’est rassemblée autour d’elle. Sa foi demeure un pilier essentiel pour traverser cette douleur.
Amédée, le papa de Marvin, est décrit par ses proches comme un homme calme et posé. Aujourd’hui, il apparaît brisé par le drame. Entouré de ses amis et d’autres pères de famille, il reste silencieux, submergé par une douleur qu’il peine à exprimer.
La famille compte trois garçons. Marvin était le cadet. Il venait tout juste de fêter ses 17 ans. Ce sont ces qualités morales et les valeurs éducatives transmises par ses parents qui l’ont façonné.
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Le Matanga : la force de la communauté
Dans la tradition congolaise, le deuil est appelé Matanga. Il désigne, dans les contextes congolais (Congo-Brazzaville, Congo-Kinshasa), une veillée de deuil ou funérailles. C’est une période où la communauté se rassemble autour de la famille. On vient en nombre présenter ses condoléances, partager la douleur et soutenir moralement et spirituellement la famille éprouvée.
Autour de la famille de Marvin, le Matanga a pris toute son ampleur : les hommes auprès du père, les femmes auprès de la mère, et les jeunes auprès de leurs camarades. Les hommages se sont succédé, marquant la place qu’occupait Marvin dans sa famille, dans son quartier et au-delà.
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Un jeune apprécié de tous
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Marvin était considéré comme un garçon sociable, gentil, motivé, drôle, une « bonne âme », selon les mots de sa mère.
Il fréquentait régulièrement la maison de quartier de la Borde pour y pratiquer sa passion : la musique. Tous les jeunes du quartier le connaissaient. Sa disparition a provoqué une véritable onde de choc.
La preuve en est que la place en face de l’appartement familial s’est remplie de jeunes, venus en nombre rendre hommage et soutenir la famille. À l’intérieur, des personnes de toutes origines ont défilé pour présenter leurs condoléances à ses parents.
Dans les heures qui ont suivi, ses proches ont partagé des messages bouleversants. Son frère a rappelé le lien fort qui les unissait et la douleur de son absence. Des amis de longue date ont souligné que Marvin n’était pas un jeune homme violent et ont appelé à ne pas trahir sa mémoire par des débordements.
Marvin était un jeune comme les autres. Mais attention, pas d’amalgame : on parle ici d’un adolescent de 17 ans, bien loin des jeunes adultes impliqués dans les troubles montrés dans les vidéos.
Il avait pour projet de devenir éducateur pour la petite enfance.
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Une peur bien réelle
La mort de Marvin ravive un sentiment de peur et d’inquiétude dans la communauté africaine de Lausanne. L’idée qu’un enfant, un frère, un cousin, un camarade puisse ne pas rentrer après une rencontre avec la police suscite désormais appréhension et méfiance.
Que ce soit rationnel ou non, cette inquiétude est bien réelle.
L’appréhension de ne pas revoir son fils, son frère, son ami ou son camarade habite désormais beaucoup de familles. Les décès d’Afro-descendants ces dernières années, malheureusement, alimentent cette crainte. Le questionnement se répète, une fois de plus, dans un contexte particulier marqué par l’histoire récente des relations entre la police et la communauté.
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Une perte pour Lausanne
La mort de Marvin n’est pas seulement une tragédie pour sa famille et pour la communauté congolaise et afro-descendante au sens large. C’est aussi une perte pour Lausanne, pour tout ceux qui l’appréciaient. Marvin était un jeune Lausannois, un jeune Suisse.
Il laisse une famille sous le choc, des amis dépassés, une communauté en deuil, une jeunesse préoccupée, une ville interpellée.
La symbolique est d’autant plus forte que la famille de Marvin habite à moins de cent mètres du Grand Conseil vaudois. Les députés ne pourront pas faire comme si de rien n’était.
Dans la communauté afro-descendante, le décès de Marvin s’inscrit dans une histoire récente déjà marquée par la méfiance envers la police. Il rappelle à la société la nécessité de repenser ce rapport, pour que justice et confiance redeviennent la norme.
Marvin avait 17 ans. Il avait toute la vie devant lui.
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Soutien à la famille de Marvin Shalom
Une cagnotte officielle a été ouverte par la famille et les proches de Marvin Shalom afin de couvrir les frais liés à ses obsèques. Dans ce moment difficile, chacun peut témoigner sa solidarité en y contribuant. Votre geste, quel qu’il soit, représente un précieux soutien pour accompagner dignement Marvin dans son dernier voyage.
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